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Le vœux de nos membres, la bonne année de nos plus anciens

Nous transmettons et nous mettrons à jour ici les vœux de nouvel an adressés aux membres que nous avons reçus sur la messagerie de l’association.

Nous avons une pensée particulière pour les membres de longue date que nous voyons moins souvent en excursions en raison de leur âge et de leur état de santé, mais qui restent fidèle à l’association qui a marqué leur vie. Gardons le contact !


  • Anna STEINER, ancienne membre du Conseil, nous écrit :

ℳ𝑒𝓈 𝓋œ𝓊𝓍 𝓉𝓇𝑒̀𝓈 𝒸𝒽𝒶𝓁𝑒𝓊𝓇𝑒𝓊𝓍 𝓅𝑜𝓊𝓇 2026 𝒶̀ 𝓉𝑜𝓊𝓉𝑒𝓈 𝑒𝓉 𝓉𝑜𝓊𝓈 𝓁𝑒𝓈 𝒩𝒶𝓉𝓊𝓇𝒶𝓁𝒾𝓈𝓉𝑒𝓈 𝒫𝒶𝓇𝒾𝓈𝒾𝑒𝓃𝓈… 𝑒𝓉 𝓊𝓃 𝓅𝑒𝓊 𝒹𝑒 𝓁𝑒𝒸𝓉𝓊𝓇𝑒.

Objet: Anna la botaniste
Mais la principale occupation d’Anna, sa plus chère étude, était la botanique. À Paris elle suivait assidûment les cours de M. Bureau au Muséum et elle accompagnait au printemps les herborisations organisées par M. Poisson, son assistant. Je n’ai garde d’oublier ces noms qu’Anna citait avec vénération et qui s’auréolaient dans mon esprit d’un grand prestige. Ma mère, qui voyait là une occasion de me faire prendre de l’exercice, me permettait de me joindre à ces excursions dominicales qui prenaient pour moi tout l’attrait d’une exploration scientifique. La bande des botanistes était composée presque uniquement de vieilles demoiselles et d’aimables maniaques ; on se rassemblait au départ d’un train ; chacun portait en bandoulière une boîte verte de métal peint où l’on couchait les plantes que l’on se proposait d’étudier ou de faire sécher. Quelques uns avaient en plus un sécateur, d’autres un filet à papillons. J’étais de ces derniers, car je ne m’intéressais point tant alors aux plantes qu’aux insectes, et plus spécialement aux coléoptères, dont j’avais commencé de faire collection ; et mes poches étaient gonflées de boîtes et de tubes de verre où j’asphixiais mes victimes dans les vapeurs de benzine ou le cyanure de potassium. Cependant je chassais la plante également ; plus agile que les vieux amateurs, je courais de l’avant et, quittant les sentiers, fouillais, deci delà, le taillis, la campagne, claironnant mes découvertes, tout glorieux d’avoir aperçu le premier l’espèce rare que venaient admirer ensuite tous les membres de notre petite troupe, certains un peu dépités lorsque le spécimen était unique, que triomphalement j’apportais à Anna.
À l’instar d’Anna et avec son aide, je faisais un herbier ; mais surtout l’aidais à compléter le sien qui était considérable et remarquablement bien arrangé. Non seulement elle avait fini par se procurer, patiemment, pour chaque variété les plus beaux exemplaires, mais la présentation de chacun de ceux‐ci était merveilleuse : de minces bandelettes gommées fixaient les plus délicates tigelles ; le port de la plante était soigneusement respecté ; on admirait, auprès du bouton, la fleur épanouie, puis la graine. L’étiquette était calligraphiée. Parfois la désignation d’une variété douteuse nécessitait des recherches, un examen minutieux ; Anna se penchait sur sa « loupe montée », s’armait de pinces, de minuscules scalpels, ouvrait délicatement la fleur, en étalait sous l’objectif tous les organes et m’appelait pour me faire remarquer telle particularité des étamines ou je ne sais quoi dont ne parlait pas sa « flore » et qu’avait signalé M. Bureau.
André Gide
Si le grain ne meurt


Les vœux de notre collègue Jean‐Luc TASSET
Les vœux de notre collègue Jean‐Luc TASSET

 
 
 

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